Al Ceste en vacances !

29 août 2016

L'enfant et la mort

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Ayant remis les yeux dans les livres de Guareschi, je suis à Don Camillo et Peppone. S'y retrouvent la gravité amère évoquée dans un précédent article, et la compassion pour les enfants victimes. Ainsi Rosa l'handicapée, qui défend son grand-père à la carabine contre sa famille de rapaces, que don Camillo prendra sous sa protection. Et surtout cette nouvelle terrible, Le Pylône. Deux garçons de pas dix ans ont reçu en cadeau empoisonné le conflit de leurs pères, Peppone et Scartini. Cadeau qui va les faire se battre, au point que le fils du deuxième croit avoir tué l’autre d'un jet de pierre. Épouvanté par une mort qu'il n'avait pas voulue, il fugue et escalade un pylône électrique au bord du fleuve. Guareschi, avec son habituel goût de l'ellipse, ne dit pas si c'est par protection ou pour se suicider. Les deux pères ont beau s’être rejoints pour sauver l'enfant, il refuse de descendre. Et l'arrivée des gendarmes déclenche la suite, que je laisse à l'auteur :

« Peppone s'élança sur la digue pour les chasser, mais trop tard. L'enfant les avait vus et il était comme fou. Ses mains n'avaient plus de force. Un cri d'angoisse infini traversa l'air. L'eau du fleuve tranquille trembla.

Don Camillo alla sur la digue (...). Puis il descendit vers le fleuve et s'arrêta au bord de l'eau. Combien de jours avaient passé depuis ? Peut-être beaucoup, mais le temps ne compte pas. Le fils de Peppone avait guéri et désormais il avait oublié le caillou ; mais Scartini n'avait pas oublié son petit garçon, parti ainsi, devant ses yeux.

Don Camillo regardait l'eau du grand fleuve et murmura : « O toi qui recueilles les voix de la montagne et de la plaine. Toi qui as vu les angoisses des siècles passés et vois les nôtres, raconte aux hommes cette histoire ; dis-leur : vous nourrissez en vos cœurs la semence de la haine, vous lâchez une bête féroce qui ensuite vous échappe complètement et fait des ravages dans la chair tendre des corps. Une bête qui, la nuit, se promène dans les campagnes endormies et pénètre dans les maisons*. L'aube venue elle se mêle à la horde qui bat les routes du monde entier. Dis aux hommes : ayez pitié de vos enfants, Dieu aura pitié de vous ».

Le fleuve continuait à porter son eau à la mer. Toujours la même eau depuis des milliers et des milliers d'années. Les histoires vont à la mer, puis remontent à la montagne et de la montagne vont à la plaine. Ce sont toujours les mêmes et les hommes les écoutent mais n'en comprennent pas la sagesse. La sagesse est ennuyeuse comme les mille et mille don Camillo qui, ayant perdu la confiance dans les hommes, parlent à l'eau des fleuves. »

Fin où sourd à nouveau l'amertume désabusée de l'auteur. Fin d'un passage où nous surprend un lyrisme inhabituel, mais parions que Guareschi a fait exception à sa règle en l'honneur d'un autre des ces « enfants morts dans l'année » (voir Tachan ailleurs dans ce blogue)...

Guareschi est un auteur bien oublié. On a tort, car là (comme ailleurs) il nous parle toujours, il plaint les enfants des guerriers des guerres saintes d'aujourd'hui, poussés à haïr et à tuer, à se haïr et à se tuer par la faute des hommes.

* Bête qui rappelle le tigre de la Nuit du Chasseur, évoqué ci-dessous dans un commentaire :

http://misentrop2.canalblog.com/archives/2016/02/20/33398396.html

 

(Merci à Sébastien Lemar d'Arrêt sur Images, mon excellent attaché de presse, qui m'a fort involontairement encouragé à écrire cet article !)

Posté par alceste1 à 08:41 - Commentaires [4] - Permalien [#]


25 août 2016

C'est aussi ça, Médiapart !

Anthologie de la fureur, relevée sur le blogue de Walda Bey, auto-proclamée défenseuse des musulmans opprimés. Elle s'en prend d'abord à Philippe Pierpont, un abonné qui argumente avec mesure mais, c'est vrai, n'est pas dans le mainstream plenelien :

- C'est fou comme vous délirez monsieur. En plus de votre ignorance crasse et vos jugements péremptoires, du vide, du parler creux sans peine.

- Je ne suis pas à la chasse aux recommandés, mais cela ne m'étonne pas que vous, vu votre narcissisme étincelant, vous vous en préoccupasse.

Ensuite à Mithra Nomadeblues, qui ne recourt jamais à l'invective :

- Et c'est à moi que mme mitra vient tenir la jambe, elle prend la relève mais le nez dans sa merde, voilà ce qu'elle a eu.

- Faisandée la bouffonne

- Mais c'est Votre problème, ce n'est plus chronique, consultez. Le retour du refoulé est flagrant, les psy ont du ressortir leur manuels, vu sa puissance. ;)

- Vos manœuvres malsaines et vos contorsions bidons sont sous vos yeux et les yeux des lecteurs, vos petites phrases dégoulinantes de provocations et de fiel sont à votre image ici, petites et misérable.

- VOUS ETES MONSTRUEUSE DE PERVERSITÉ

- Quand à vos formules malsaines et beurk, vos "Bien à vous", mettez les vous où je pense, ça vous tiendra compagnie.

(Là, au tour de Duduche)

- Mais de quoi parlez vous espèce d'abrutis ?

- C 'est ça, quittez ce fil que vous n'auriez jamais dû venir abîmer de votre haleine fétide.

Et que fait la modération, dûment informée des excès de la dame, modération qui m'a couiqué à deux reprises et en cinq minutes un « les Madame Pernelle de la Rédaction », qui impose (avec raison) une charte interdisant la diffamation, les insultes ?

Rien.

Il faut dire que l'insulteuse compte dans ses contacts pas moins de neuf des membres de la Rédaction (et des plus éminents), fayoter ça aide !

Source :

 

Peut-on être Arabe et Français? De Pascal Blanchard

Devant la déferlante sur le billet de Gavroche dont je salue ici le courage et l'humanisme et quelques autres, E. Plenel, Arié Alimi.... je constate que souvent dés qu'il s'agit des Arabes, c'est comme du poil à gratter dans le club ;). Propos incohérents, insultes, hors sujets, provocations etc...

https://blogs.mediapart.fr

 

Posté par alceste1 à 08:52 - Commentaires [3] - Permalien [#]

23 août 2016

Les belphégors

 

Tous les dimanches sur les vide-greniers, je vois passer des couples islamistes. Qui ne s'arrêtent jamais à mon stand : c'est vrai, je vends des livres, dont certains sont sans doute haram. Dans mes caisses, de tout dont des livres pour enfants, ce qui un jour a attiré une môme de trois ans dont la mère belphégorée stationnait devant le stand d'en face, à trois mètres. Elle la sommait régulièrement de revenir dans son giron, et à la fin c'est la grande sœur d'environ neuf ans qui faisait le garde-chiourme. Elles sont parties. Un quart d'heure après, elles repassent : la petite, sans doute dûment chapitrée, n'a pas eu un regard. Pauvres gosses.

Ces couples sont invariablement composés comme suit : le monsieur en tee-shirt, bermuda et tongs, la dame encagé du haut en bas hormis le visage, cage de couleur sombre voire noire, idéal par temps chaud hein. Je n'ose jamais demander au monsieur pourquoi lui aussi n'est pas en robe et tête couverte (voilée... pas quand même !)

Il paraît que le voile islamique (dont le retour en force est récent, voir des photos de pays sous islam il y a 50 ans et maintenant) est entre autres un symbole de modestie. Le porter ostensiblement dans des endroits où la majorité des femmes est habillée de façon autre, on se demande où est la modestie. Quand j'en vois, je pense parfois à cette scène de Tartuffe où l'imposteur prend bien soin de faire savoir à haute voix qu'il se mortifie en disant à son valet :

« Laurent, serrez ma haire avec ma discipline »

(Haire et discipline étaient des vêtements de mortification physique. On est en droit de croire que l'imposteur ne portait en fait ni l'une ni l'autre)

Il faut le dire et le redire : l'islam qui a le vent en poupe dans le monde entier, qui embrigade, celui sur lequel nos gauchopithèques ferment les yeux (j'y reviendrai), c'est l'islam intégriste*. Et l'intégrisme a dans ses fondamentaux la haine du corps, surtout celui de la femme (tous les intégrismes religieux aussi, voir Israël, nos tradi-cathos etc.). Car la femme est un double symbole : la vie qu'elle donne, le plaisir qu'elle donne et reçoit. Ce n'est pas par hasard qu'aux EUA, dont il faut rappeler que les pères fondateurs venus sur le Mayflower étaient des puritains est un pays où on proscrit la vue d'un sein (le plaisir, la vie) et promet celle d'une arme (la souffrance, la mort). Haine qui va bien avec le pessimisme : l'humain est pécheur, faible, tout doit être fait pour le protéger comme les moutons d'un troupeau dont la vie finira à l'abattoir.

Faible : le fait même de s'en remettre à un dieu, à ses lois et surtout à son clergé (qu'il se nomme prêtre, rabbin, imam, gourou) pour ne plus avoir à porter la complexité de la vie sans béquilles, ici mentales, est déjà un signe de fragilité*. Il se trouve que je suis entré en contact avec une association de défense de victimes de sectes catho-intégristes genre Saint-Jean, béatitudes et autres nuisibles. A lire les nombreux témoignages qu'elle publie, les victimes d'embrigadement et d'oppression avaient toutes, à la base, une fragilité.

Or actuellement, de toutes les religions monothéistes, l'islam dans sa version islamiste est celle qui recrute le plus. Et ce n'est pas un hasard si elle pique beaucoup au catholicisme : celui-ci s'est partiellement ouvert et pratique alors l’œcuménisme, accepte la liberté de conscience. Avec l'islam vous n'avez pas à réfléchir pour savoir ce qui est permis ou interdit : Allah sait !

* Je parle de ceux qui se convertissent, pas de ceux qui sont nés dans un milieu musulman comme moi dans un milieu catholique : je n'ai pas eu le choix, et en sortir a été douloureux.

 

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18 août 2016

Les burkina-pas-baise

Reprise et développement d'un commentaire déposé par un ami sous l'article de Saint Edwy de la Repentance, le gars qui vole au secours de l'obscurantisme oppresseur pour libérer le « musulman humilié » (je le cite).

Le burkini n'est pas religieux. On ne le trouve nulle part dans le Coran et ses affluents.

Il n'est pas culturel, pas traditionnel : son invention n'a pas dix ans.

Il sert aux femmes qui le portent à envoyer deux messages : aux autres femmes, qu'elles sont des putes, aux hommes, que ce sont des bites sur pattes. Messages à elles confié, heu, imposé par des mâles, on n'a pas plus vu de femmes imams que de femmes prêtres : dans toutes les « grandes » religions, les injonctions viennent des hommes.

Il rappelle le costume de bain de nos arrière-arrière-arrière-grands-mères : sacré progrès, hein.

Encore une fois, l'islamisme envoie ses « sœurs » au charbon : il n'y a pas de costume de bain islamique pour les messieurs. Tout comme pour les couples islamistes : la dame empaquetée hiver comme été, le monsieur à l'air libre quand le temps y est.

Moi non plus, cher Edwy, je ne suis pas pour l'interdiction. Je suis juste pour la contre-provocation. De même qu'avec des potes nous avions chanté « Le curé de Camaret a les couilles qui pendent » sur le trottoir en face de celui où des punaises de sacristie gloussaient Ave Maria pour protester contre le film maudit de Scorcese, j'irais en pareille compagnie me balader devant les encagées dans la tenue que m'avait faite ma mère pour que j'arrive au monde.

(Ne sélectionner que les commentaires approbateurs tous en se targuant de démocratie sur le forum : signé Ed le Trotsk...)

Ajout sur le commentaire d'un asinaute : « Une fois de plus, je remarque que ce sont les femmes qui font les frais des interdits vestimentaires, les hommes allant par tous temps le poitrail à l'air, les bras nus, etc. »

Dans des pays où "l'homosexualité n'existe pas et de toutes façons on les tue", il est compréhensible qu'on ne veuille pas interdire aux mâles musulmans d'aller de façon, comment dire, aérée. Aucun d'eux n'est par nature divine susceptible d'éveiller la concupiscence des autres mâles, aucun d'eux n'est susceptible d'éprouver ladite concupiscence*.

Pays où de plus et en même temps il est inconcevable qu'une femme puisse désirer un homme car, comme chantait Ferrat : Une femme honnête n'a pas de plaisir !

https://www.youtube.com/watch?v=eZgIDuqBqTw

* Ce nom, dans certaines de nos bonnes maisons d'éducation cacatho, était totalement interdit, d'une pour son sens, de deux pour ses quatre syllabes "obscènes".

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16 août 2016

J'ose ,

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Maintenant que vous connaissez un peu mon éclectisme en matière de musique, je vais oser une confidence : j'aime bien Nana... Mouskouri !

Pourquoi ?

Parce qu'un jour, tout môme, je tombe sur une chanson plus sucrée qu'un baklava, qu'à l'écouter on boirait bien de l'ouzo, qu'on voudrait que l'été dure 365 jours : Roses blanches de Corfou (OK, les paroles, c'est pas Julien Gracq).

Parce qu'une chanteuse à lunettes, dans un chaudbise où il ne faut pas montrer un handicap (oui, bon, on n'a jamais caché Mireille Mathieu), ça surprenait. Quarante ans avant, elle lançait la mode des lunettes noires rectangulaires. J'aurais bien aimé ce genre mais ça durcit le visage et avec ma tête d'assassin, c'était risqué...

Oui, bon, elle a massacré beaucoup de standards en mettant du sirop partout, elle a salopé Pauvre Rutebeuf en remplaçant cul par cœur : « Et froid au cul quand bise vente », Madame ! (Bon, un mot pareil dans sa bouche, c'est comme si Balkany disait « honnêteté »)

Mais elle a chanté Michel Legrand en duo avec Harry Belafonte, donc, tout est pardonné !

Donc, allons-y avec un titre bien bouzoukiné, chanté en grec comme-ça-on-sait-pas-ce-que-valent-les-paroles :

https://www.youtube.com/watch?v=OmvdlL1Tbic

Voilà. Si vous êtes sages, une prochaine fois, vous aurez la plus fabuleuse choucroute chantante des sixties. Guess who ?

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12 août 2016

Sanofric !

Trouvé sur Marianne, à propos de l'affaire de la Dépakine, médicament-poison qui parait avoir dégradé durablement et parfois gravement la santé de milliers d'enfants :

« La partie est néanmoins loin d’être terminée : de nombreuses procédures judiciaires ont été initiées par des victimes à l’encontre de Sanofi. Un fonds d’indemnisation abondé par l’État devrait être également mis sur pied. »

Traduction : l’État pourrait payer pour la désinvolture criminelle de Sanofi. Et l’État, c'est nous, nos impôts ! Les patrons de ce labo ne paieront rien, ne seront l'objet d'aucune condamnation « Air France » (si on voit ce que je veux dire) et continueront de recevoir des légions d'honneur décernées par des politiciens aux ordres du MEDEF, le véritable dirigeant de notre pays. Et si par improbable chance ils étaient condamnés, mais pas avant le milieu du XXI° siècle, l'argent ne sortirait pas de leur poche mais de celle de la société, et ils feraient un chantage à l'emploi et à la délocalisation. Sanofi : too big to fail...

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09 août 2016

Le vilain petit canard

 

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Voici une voiture, inspirée des kei japonaises*, qui n'a pas eu le succès qu'elle méritait.

Pourquoi le méritait-elle ?

- Parce qu'elle offrait un excellent rapport surface extérieure (sympa en ville) contre volume intérieur, intéressant pour qui a besoin (comme moi) de charger des caisses et des caisses.

- Parce qu'on n'y faisait donc pas de claustrophobie.

- Parce qu'on y montait au lieu d'y tomber (à nos âges, ça compte...). Que conséquemment on avait la vue belle, par exemple quand on longe la Loire sur une route de levée avec murets.

- Parce qu'elle avait une bouille marrante de mini-fourgonnette.

Pourquoi ne l'a-t-elle pas eu ?

- Parce qu'elle est d'abord sortie en motorisation essence, anémique et gourmande (dame, avec l'aérodynamisme d'une brique sur roues...). Le turbo-diesel est arrivé trop tard.

- Parce que son étroitesse de voies (typiquement « kei ») et sa hauteur la rendaient sensible au vent de côté.

- Parce que... allez donc draguer avec une fourgonnette, même mini ! La première nana qui passe demande si vous l'avez empruntée à Jeanne Calment !

Opel a essayé de corriger le tir avec une deuxième version plus large, plus aérodynamique mais moins utilitaire : un truc bâtard qui a eu encore moins de succès.

(Et pourquoi tu n'en as pas acheté une, ballot de chez ballot ? Parce que quand j'ai été à même, j'ai préféré passer à un peu plus grand et surtout, équipé d'un protège-permis : un régulateur-limiteur de vitesse !)

* Au Japon, c'est une catégorie de voitures urbaines qui, si elle respecte des dimensions hors-tout maximales, c'est à dire riquiqui, heu, riz-kiki, a un traitement de faveur assurantiel et fiscal. Aurait-elle eu du succès en France si Bercy (de rien) avait fait pareil ? Pas de danger : nos constructeurs nationaux auraient mis leur veto !

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04 août 2016

Jeudi, c'est vendredi !

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Oh là là, la sinistrose me guette (pas vous, avec toute cette actualité : les expulsés de Sainte-Rita, la baisse de 0,05% de l'électricité et les nouvelles promesses de Fafois ?). Vite, une injection de chanson avec un auteur que j'ai longtemps ignoré : Oldelaf. Ça a commencé avec un belle rosserie : Raoul le pitbull, ça a continué avec une fausse sucrerie, Mon amour des JMJ. Et là je suis allé piocher sur Youyou, avec Vendredi. De plusieurs interprétations, voilà ma préférée, avec des choristes d'enfer :

https://www.youtube.com/watch?v=QT7wbyIxwTA

Vous pouvez aussi chercher La tristitude, car le casting des acteurs est top moumoute !

PS Aux nouveaux lecteurs. N'hésitez pas à aller fouiner dans les archives vous y trouverez de tout: actualité, polémique, mais aussi critique littéraire, cinéma, littérature, théâtre, récits, musique, chanson.

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01 août 2016

Mort à la vie !

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ASI, décryptage et analyse de l'actualité des médias, ayant été sollicité jeudi pour commenter (ne fût-ce qu'en brève) le fait qu'aucun « grand » média français n'a parlé du centre naturiste allemand attaqué par des fous d'Allah, a ignoré cette demande. Commentons-le à sa place.

Je vous résume : un commando de barbus a envahi un centre nautique naturiste allemand, insulté et menacé de mort femmes et enfants (Pas les hommes : courageux mais pas téméraires. Et puis, c'est toujours la faute à Ève, hein, jamais à Adam). La police intervient, les verbalise, les relâche... et ils recommencent. Aucune réaction des hommes présents. Dire que chez les animaux supposés inférieurs, les mâles savent défendre leurs femelles et leurs petits... Visiblement, ceux-là ne sont même plus des bons aryens ! Et pas besoin de cacher leur .ouilles dans des calbutes : elles sont molles !

L'info s'est répandue... sur les sites d'extrême-droite, ravis de l'aubaine. Le seul grand média plutôt crédible à l'avoir fait est atlantico.fr, pas vraiment de gauche (on peut éviter les commentaires).

 

Allemagne : un groupe de musulmans assaille une piscine nudiste en hurlant des injures et des menaces

Six hommes ont fait irruption dans une piscine naturiste de l'état de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne. Selon les témoins, ils étaient barbus et parlaient arabe ainsi qu'allemand. Ils ont crié "Allahu akbar", craché sur les femmes et les enfants présents, traité les femmes de "salopes" et d'"infidèles", et prévenu que les personnes présentes seraient "exterminées".

http://www.atlantico.fr

Les autres ? Nos radios, nos télés ? Non, rien à dire sur cette agression en bande qui n'a provoqué aucun mort, certes, mais qui s'en est pris à une liberté de plus, qui a salement traumatisé des gens autrement plus sains que ces tordus.

Car leur manière fut tartuffe : ce centre est par nature privé, la nudité qui les scandalise (heu, les fait bander) ne leur était pas imposée*. Leur action me rappelle une blague, celle des beaufs qui marchent pendant une bonne heure dans les dunes pour arriver enfin près d’une plage de culs-nus et s’indigner à haute voix en se voilant la face d’une main… aux doigts soigneusement écartés !
Sauf qu’ici, avec ces détraqués, ce n’était pas une blague. La haine du corps, et du corps libre : pratique commune à tous les intégrismes, tous.

* Plutôt que de les envoyer derrière les barreaux, il faudrait les installer plusieurs jours d'affilée sur une plage FKK, attachés à des poteaux, du chatterton sur la gueule... et mains dans le dos pour les empêcher de se tirlipoter le vermicelle ! Avec une ombrelle et nourris, on n'est pas des barbares, nous !

 

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28 juillet 2016

Les idiots utiles

ob_c9c8f1_edwy-plenel-et-tarik-ramadan-lors-du-dLa sinistre actualité me renvoie à un article publié en 2015 sur Médiapart par un ami, Porfirio, dont je donne des extraits. La partie qui m'a le plus intéressé est celle sur les responsabilités d'une partie de l'extrême-gauche.

Testament de Charb

En réalité, il est sans doute un peu abusif de parler de testament mais le tragique destin de Charb aura décidé pour lui.

En-dehors de toute querelle sur la façon dont la mort des journalistes de Charlie Hebdo a pu être instrumentalisée, de toute polémique sur les chefs-d'états participants à la manif du 11 janvier, il me semble que ce texte agite quelques vérités qui ne sont pas forcément bonnes à entendre pour tout le monde.

Le discours d'extrême-droite a évolué ces dernières années. Coincé par la loi, les décisions judiciaires et la prise de conscience citoyenne, le discours raciste d'extrême-droite a décidé de se vêtir d'habits neufs. La stigmatisation classique, telle qu'elle était héritée du colonialisme et de la guerre d'Algérie, alors qu'elle s'en prenait au maghrébin, à l'immigré, à l'allogène non-occidental, s'est vue contrainte de maquiller un peu un discours qui finissait par prendre des allures suicidaires, tant l'expression raciste commençait à perdre le droit de cité.

Les sketches humoristiques de Desproges ou de Coluche, de satires mordantes de la médiocrité raciste destinées à un public plutôt à gauche, ont fini par devenir des poncifs, des exemples incontestables de l'indigne étroitesse d'esprit des mentalités momifiées dans la crainte sordide de l'étranger.

À l'instar de Desproges, combien avons-nous étés, en ces temps-là, à nous voir contraints de dire, pour faire cesser un flot de bassesse nous instaurant comme complice de sa rancœur misérable, que, nous aussi, nous étions arabes?

Mais voilà que soucieux de l'esprit du temps, et surtout des textes de loi, les communicants d'extrême-droite ont décidé de s'en prendre à un attribut supposé constant de ces boucs-émissaires: l'islam. Certains se souviennent sans-doute de ces longues discussions inutiles, faites pour le principe de ne pas laisser le champ libre au discours raciste, au cours desquelles émergeait régulièrement le même argument:

cette immigration-là, monsieur, à la différence des polonais, des portugais, des arméniens, des italiens, elle n'est pas assimilable à cause de la religion de ses membres. Toutes les autres immigrations, lorsqu'elles ne provenaient pas d'Europe, étaient au moins issues de groupes de confession chrétienne.

On notera au passage la mauvaise foi de ce type d'argumentaire qui faisait peu de cas des Vietnamiens, l'essentiel étant de poser le caractère inassimilable des Maghrébins.

Or, ce qui était une sorte de joker est devenu la carte maîtresse du discours raciste d'extrême-droite. Alors qu'il avait fait ses choux-gras sur la prétendue insécurité que, par atavisme, le Maghrébin était supposé faire régner, et sans d'ailleurs y renoncer tout à fait, ce discours s'est axé sur l'Islam.

Mais voyons les choses clairement, ce choix-là fut une tactique pour contourner l'érosion du discours raciste de base. Une sorte d'habillage de salon destiné à continuer à distiller entre-soi le même mépris, à reproduire le même réflexe de rejet sans avoir l'air de sombrer dans la flatterie des bas-instincts chauvins. Et, accessoirement, à garder des places chaudes pour les enfants de notre beau pays.

Le problème, c'est que dans cette sorte de jeu du chat et de la souris, certains ont un peu oublié le point de départ.

Charb dit: "Les militants communautaristes qui essaient d'imposer aux autorités judiciaires et politiques la notion d''islamophobie' n'ont pas d'autre but que de pousser les victimes de racisme à s'affirmer musulmanes (…) Si demain les musulmans de France se convertissent au catholicisme ou bien renoncent à toute religion, ça ne changera rien au discours des racistes : ces étrangers ou ces Français d'origine étrangère seront toujours désignés comme responsables de tous les maux."

On peut affiner l'analyse de Charb mais elle n'est pas dépourvue de pertinence.

Par une sorte de sophistique, propre à l'esprit groupusculaire des vestiges d'une composante du mouvement ouvrier aussi atomisée que frappée d'un dogmatisme obsessionnel, la lutte antiraciste, si chère à notre cœur au cours des années 70, est devenue pour certains une défense et illustration des musulmans, promus pour la circonstance avatars de la classe laborieuse, celle qui dans l'eschatologie marxiste doit, en se libérant, libérer l'humanité toute entière.

Et ce fut là que le bât blessa. Car pour ceux qui vivent dans l'auto-hypnose des synthèses brillamment élaborées par des leaders historiques, à jamais figés dans leur rôle d'exégètes mais depuis longtemps déconnectés des réalités du moment, il fut peut-être plus facile d'avaler cette couleuvre. Mais les autres, ceux qui se lassèrent de porter l'austère robe de bure du bienfaiteur de l'humanité et qui étaient venus moins souvent à la messe, ceux-là n'en crurent pas leurs oreilles.

Comment dans un pays qui avait mis tant de siècles à confiner le pouvoir religieux dans la sphère métaphysique qu'il n'aurait jamais du quitter, dans un pays dont les idéaux républicains avaient du se construire en dépit des diktats de la pensée vaticane, au sein d'un mouvement ayant enseigné que la religion est une des pièces de la superstructure destinée à asseoir l'aliénation de la classe dominante, avait-on pu en arriver là ?

En ce qui me concerne, on pourra me répéter tant qu'on voudra que cette attitude est juste, je penserai toujours qu'elle n'a rien de républicain. Et surtout, qu'elle est un contresens absolu de l'action antiraciste. Pis encore, face aux stratégies impulsées par les versions radicales de l'Islam, cette attitude est d'une naïveté inexplicable et finit par donner lieu à des attitudes inqualifiables envers ceux ou celles qui se sont donné pour rôle de les mettre à jour.

Ainsi que le fait remarquer Charb dans son texte, cette position finit même par devenir la négation de la position d'origine:

Si on laisse entendre qu'on peut rire de tout, sauf de certains aspects de l'islam parce que les musulmans sont beaucoup plus susceptibles que le reste de la population, que fait-on, sinon de la discrimination ? Il serait temps d'en finir avec ce paternalisme dégueulasse de l'intellectuel bourgeois blanc 'de gauche' qui cherche à exister auprès de 'pauvres malheureux sous-éduqués'."

Certes, sous le coup de la discrimination, de l'exclusion et de la cécité des politiques, la communauté dont nous parlons tend à se replier sur cette valeur qui lui restitue un sentiment de dignité (en-dehors de la question du droit à la croyance religieuse). Mais ce n'est le rôle ni du pouvoir, ni des militants, ni surtout des journalistes, de se saisir de la légitimité de cet aspect, particulièrement s'ils se réclament de valeurs républicaines, révolutionnaires, ou même féministes.

D'une part parce que c'est un choix qui, en dernier lieu, relève d'une action des intéressés eux-mêmes dans le cadre de l'affirmation de leurs droits religieux garantis par la constitution. La communauté maghrébine est maintenant là depuis au moins trois générations, si elle veut promouvoir un choix religieux, elle est capable de le faire elle-même. Traquer l'islamophobie avec la fièvre permanente qu'on connaît à certains n'apporte rien à cette perspective.

D'autre part, parce que, ce faisant, on se constitue en idiots utiles d'une démarche qui n'a rien de théorique et qui vise à mettre à l'épreuve les idéaux républicains. Certes, au yeux de certains, ces idéaux sont bourgeois, et donc dignes de modalités, de modulations, voire, pourquoi pas, de négation.

Mais alors, il faut le dire clairement. Il ne faut pas d'un côté réclamer des libertés républicaines pour les citoyens et la presse, et de l'autre soutenir sotto voce que ces libertés n'ont pas de valeurs. Du moins, si on le fait, qu'on ne s'étonne pas des accusations les plus dures puisqu'en cas d'échec d'une stratégie aussi aléatoire, on aura vendu les meubles aux pires ennemis de la révolution, de la république et de l'égalité hommes-femmes. Et compte-tenu de la distribution des effectifs, il y a de fortes chances que cette violence interne à la gauche ne soit même pas le grain de sable qui grippera la machine mais finalement un grain de poussière inutile.

 

https://blogs.mediapart.fr/porfirio/blog/160415/testament-de-charb
Je donne le lien pour l'article complet et les commentaires.

 

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