souzy la briche

Ainsi donc Dame Pingeot se met à l'encan après avoir été cachée dans ce château aux barrières fermées.

Sur le principe de la publication de telles lettres, je trouve ça impudique (arrête, t'es démodé, Al).

Sur leur contenu, il faut lire son dithyrambe par Jérôme Garçin, qui porte la fayoterie à un degré inimaginable : quand toute la Langerie et la Kiejmannie se contentaient d'encenser le vivant, lui les dépasse et se tripote sur un mort.

Toute cette affaire en dit long :

- Sur le sphynx et son entourage, qui ont caché ces amours pour permettre à Mitt' le Fourbe d'entrer en grande pompe à l’Élysée et d'y rester quatorze ans soit sept de trop (qui a oublié que son deuxième septennat, de Cresson en Bérégovoy avec passage par Charasse et Tapie, fut indigne et destructeur pour la gauche). Un divorcé, à l'époque, n'aurait eu aucune chance de faire président.

- Sur la complaisance aussi bien de l'icône Tatie Danielle, qui a accepté de porter les cornes pour être Première Dame et en garder le prestige, que d'une presse qui s'est tue - le respect de la vie privée a bon dos.

- Sur cet incontournable : pour entretenir sa bigamie, Tonton a utilisé l’État, employé ses sbires, détourné ses moyens humains et son argent.

La servilité de la presse, sous ce règne véreux, fut portée à un sommet (oui, bon, vu ce qu'on a vu sous Sarko, ce n'est plus une montagne mais une chaîne). Les seuls à avoir sauvé l'honneur du journalisme furent... des Belges de la RTBF ! Ils avaient réussi là où tout le monde a échoué surtout que ce monde ne voulait pas réussir : à faire tomber le masque du florentin ! Ces hommes devraient devenir formateurs dans nos écoles de journalisme, histoire d'apprendre comment ne jamais lâcher prise, comment découper une langue de bois sans tomber dans l'agressif monaco-bourdiné. Vu l'état de nos médias, aucune chance qu'ils soient embauchés.

Je ne remercie ce menteur que pour une chose : il m'a appris à ne plus croire en la parole d'un homme politique, aucun. Le seul qui méritait qu'on le croie fut Mendès-France. "Lors de son investiture à l'Elysée, François MITTERRAND a serré les mains de ses amis et donné une longue et émouvante accolade à Pierre MENDES FRANCE " (source : INA).

Fourberie de plus. MF avait la passion des idées et des humains, FM la passion du pouvoir. Plus exactement, de son apparence et de son apparat. Parce que pour ce qui est de son efficacité, il a baissé pavillon dès 1983.

PS Accessoirement : le fruit de ces amours n'aurait jamais trouvé un éditeur s'il avait été produit et élevé dans un HLM du 9-3 et non dans un château de l'Etat à Souzy-la-Briche.