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Al Ceste un jour sur trois (ou quatre) !
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13 octobre 2016

Le relais de poste

1749

 

Ils tenaient un improbable café-restaurant-boucherie-pompe à carburant dans une ancien relais de poste. Le café-restau : une grande salle sombre et sale, des tables à quatre autour d'une immense table en bois construite autour d'un pilier central, percée à une extrémité pour faire tomber les pièces dans un tiroir à clé. Chaises de paille branlantes et des occupants chroniques ne valant guère mieux. On y avait mangé une fois, le menu ouvrier (et le seul servi). Vin de pays, honnête, et une tranche de viande tendre et goûtue, débordant de son assiette de petits pois, venue de la partie boucherie.

Partie que les services vétérinaires auraient pu fermer : sciure par terre pour cacher brisures d'os, bout de ficelle, etc. – que je vous laisse deviner. Au-dessus de la table de boucher, une étagère en marbre n'ayant jamais vu d'éponge. Une plaque fendue tenait par l'opération de deux boites de conserves superposées à l'étiquette mangée de taches d'humidité. Les prix, marqués à la craie sur une sorte de grande ardoise, ne changeaient jamais car ils étaient faux. Le patron en donnait une explication simple : si j'achète cher je vends cher, si j'achète pas cher je vends pas cher, point. J'étais venu un jour avec une liste de viandes diverses à acheter pour brochettes, il la modifia d'autorité décidant que celle-ci et celle-là n'étaient pas bonnes : les avait-il ou non je n'ai jamais su, sauf qu'on s'est régalé. Les gens du pays ne boudaient pas cette boucherie car le patron savait acheter et savait préparer, et personne n'en est mort.

Quand un automobiliste se manifestait (mais ça lui arrivait d'attendre) ils le servaient sans un mot sans un regard et il n'est pas sûr qu'ils se lavaient les mains pour reprendre viande, hachoir ou verres des buveurs.

Bourrus comme pas permis.

On en connaissait la raison : ils avaient perdu leur fils unique, et ne continuaient à vivre que parce que c'est comme ça. Lui avait un passion d'oubli : jouer aux courses. Elle, on savait pas.

L'âge venu, il finit par mourir. Elle ne pouvait pas continuer seule, et vendit tout à un gros commerçant du pays, qui lui promit de faire revivre le relais.

Une fois l'achat terminé, il envoya un bulldozer dedans pour créer un accès routier à la zone commerciale qu'il venait de monter.

La nuit suivante, elle mourut.

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Commentaires
A
Vu !
S
C'est du Guareschi !
A
Comme je ne vois pas le rapport avec le film, s'il vous plaît, expliquez-moi (j'aime aussi bien ce film que cette chanson).<br /> <br /> <br /> <br /> Merci d'avance !
A
" Ils n'auront même plus d'Alceste pour mettre de l'ambiance dans leurs fils de commentaires !! "<br /> <br /> <br /> <br /> Bien que pas pressé de mourir, j'espère ne plus être là quand les robots auront pris le pouvoir.
J
Jolie évocation. L'hygiènisme nous a supprimé plein de bonnes choses -les goûts s'appauvrissent, s'affadissent- et surtout ôté beaucoup de convivialité. A relier avec la religion du progrès technique qui est très rarement critiquée, elle qui accélère tout, automatise tout -sans besoin que l'on comprenne comment ça marche-, et surtout déshumanise la plupart des relations -pas que commerciales ou utilitaires-. L'homme machine on y vient doucement, il sera juste allergique à plein de choses qui trainaient dans le relais de poste, mais que le métabolisme humain du 21ème siècle et ceux d'après n'arrêteront plus. (un peu comme les martiens hyper puissants détruits par nos minuscules bactéries...)<br /> <br /> Mais c'est surtout la norme (donc ce satané contrôle) qui va nous tuer les caractères et les différences, les générations futures risquent de s'ennuyer et d'être toutes pareilles, heureusement, ils auront le nucléaire et le climat bouleversé pour s'occuper -)).Ils n'auront même plus d'Alceste pour mettre de l'ambiance dans leurs fils de commentaires !!
Al Ceste un jour sur trois (ou quatre) !
  • Ici, c'est une auberge où seront servis deux ou trois fois par semaine de bons plats en tous genres. Bienvenue aux gens curieux, sympas et faiseurs de commentaires avec idées. Ceux qui insulteraient les autres convives ou le cuistot repartiront vite.
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