Tous les dimanches sur les vide-greniers, je vois passer des couples islamistes. Qui ne s'arrêtent jamais à mon stand : c'est vrai, je vends des livres, dont certains sont sans doute haram. Dans mes caisses, de tout dont des livres pour enfants, ce qui un jour a attiré une môme de trois ans dont la mère belphégorée stationnait devant le stand d'en face, à trois mètres. Elle la sommait régulièrement de revenir dans son giron, et à la fin c'est la grande sœur d'environ neuf ans qui faisait le garde-chiourme. Elles sont parties. Un quart d'heure après, elles repassent : la petite, sans doute dûment chapitrée, n'a pas eu un regard. Pauvres gosses.

Ces couples sont invariablement composés comme suit : le monsieur en tee-shirt, bermuda et tongs, la dame encagé du haut en bas hormis le visage, cage de couleur sombre voire noire, idéal par temps chaud hein. Je n'ose jamais demander au monsieur pourquoi lui aussi n'est pas en robe et tête couverte (voilée... pas quand même !)

Il paraît que le voile islamique (dont le retour en force est récent, voir des photos de pays sous islam il y a 50 ans et maintenant) est entre autres un symbole de modestie. Le porter ostensiblement dans des endroits où la majorité des femmes est habillée de façon autre, on se demande où est la modestie. Quand j'en vois, je pense parfois à cette scène de Tartuffe où l'imposteur prend bien soin de faire savoir à haute voix qu'il se mortifie en disant à son valet :

« Laurent, serrez ma haire avec ma discipline »

(Haire et discipline étaient des vêtements de mortification physique. On est en droit de croire que l'imposteur ne portait en fait ni l'une ni l'autre)

Il faut le dire et le redire : l'islam qui a le vent en poupe dans le monde entier, qui embrigade, celui sur lequel nos gauchopithèques ferment les yeux (j'y reviendrai), c'est l'islam intégriste*. Et l'intégrisme a dans ses fondamentaux la haine du corps, surtout celui de la femme (tous les intégrismes religieux aussi, voir Israël, nos tradi-cathos etc.). Car la femme est un double symbole : la vie qu'elle donne, le plaisir qu'elle donne et reçoit. Ce n'est pas par hasard qu'aux EUA, dont il faut rappeler que les pères fondateurs venus sur le Mayflower étaient des puritains est un pays où on proscrit la vue d'un sein (le plaisir, la vie) et promet celle d'une arme (la souffrance, la mort). Haine qui va bien avec le pessimisme : l'humain est pécheur, faible, tout doit être fait pour le protéger comme les moutons d'un troupeau dont la vie finira à l'abattoir.

Faible : le fait même de s'en remettre à un dieu, à ses lois et surtout à son clergé (qu'il se nomme prêtre, rabbin, imam, gourou) pour ne plus avoir à porter la complexité de la vie sans béquilles, ici mentales, est déjà un signe de fragilité*. Il se trouve que je suis entré en contact avec une association de défense de victimes de sectes catho-intégristes genre Saint-Jean, béatitudes et autres nuisibles. A lire les nombreux témoignages qu'elle publie, les victimes d'embrigadement et d'oppression avaient toutes, à la base, une fragilité.

Or actuellement, de toutes les religions monothéistes, l'islam dans sa version islamiste est celle qui recrute le plus. Et ce n'est pas un hasard si elle pique beaucoup au catholicisme : celui-ci s'est partiellement ouvert et pratique alors l’œcuménisme, accepte la liberté de conscience. Avec l'islam vous n'avez pas à réfléchir pour savoir ce qui est permis ou interdit : Allah sait !

* Je parle de ceux qui se convertissent, pas de ceux qui sont nés dans un milieu musulman comme moi dans un milieu catholique : je n'ai pas eu le choix, et en sortir a été douloureux.