arton915

 

Parlons maintenant de la face noire des vide-greniers : les malotrus et les charognards (qui sont parfois une seule et même personne), charognards capables de vous proposer un euro pour un article qui en vaut dix ; ou cette dame bessebège qui, demandant un prix, recevant ma réponse, me regarda comme si je lui avais montré ce qu'habituellement un homme cache et partit en courant.

Malotrus les gens qui attaquent vos marchandises encore dans le coffre. Le pire, la scène me fut racontée par la dame qui a dû en subir un : elle lui demande d'attendre car elle vient d'arriver. Réponse cinglante du quidam : vous n'avez qu'à arriver à l'heure ! Sans doute un patron qui vit avec une pointeuse pointée sur ses esclaves.

Malotru celui qui un jour et sans un mot, empoigna un article et tendit une piécette à la vendeuse. Le pauvre ! Il n'avait pas vu que la dame était une broc', métier où l'on croise quelques poètes et poétesses de haulte graisse. Elle lui arracha l'objet des mains et lui lança : dis donc, tu veux pas ma culotte, aussi ?

Malotru celui qui, alors que vous avez déjà amené des caisses, que vous êtes retourné chercher le reste à votre voiture en ayant abrité les premières d'une couverture, commence à les explorer quand même :

- S'il vous plaît Monsieur, vous attendez.

- C'est un vide-grenier, non ?

- Dites-donc, est-ce que je vais chez vous quand vous n'êtes pas là ?

- De toute façon, ça ne vaut rien ce que vous vendez !

- Mais alors, pourquoi vous restez devant ?

Et là, le monsieur au pardesssus chicos fait tomber le masque :

- Vous me faites chier.

- Ah, j'en suis fort aise !

On nous a entendus dans toute la salle, le type est parti le plus vite possible car maintenant il était repéré, et des vendeurs sont venus me remercier tant ils en avaient assez des parasites à pardessus.

Rions maintenant avec cette scène que m'a racontée un collègue spécialisée dans l'antiquaille (petits objets anciens mis prudemment sous vitrine). Elle voit arriver toute une famille prout-ma-chère, qui lui demande le prix de couverts à salade anciens en argent : 80 euros.

- Ah, on les a vus dans la salle à 20 euros...

- Eh bien, allez-y ?

Et ces crétins de conséquence, au lieu de partir discrètement, se lancent dans un auto-panégyrique :

- Oui, vous comprenez, nous sommes dans un châââteau, nous préparons un mariâââge....*

Et ma collègue, sarcastique :

- Ah bon ? Vous... faites partie des domestiques, alors ?

La famille Prout-ma-chère est repartie « un doigt dans l'nez et l'aut' dans l'cul » (copyright mon défunt père).

 

PS Ne faisons pas de racisme anti-riches, ils peuvent être des clients courtois. Mais les puants viennent toujours de ce milieu. Qui me prouve, si c'était nécessaire, que le meilleur moyen de devenir riche, c'est de plumer les pauvres.