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Depuis plusieurs années, un peu partout en France, on voit fleurir les vides-greniers. Fleurir étant le mot tant les couleurs des gens et des objets s’y voient. Couleurs variées comme la nature des vendeurs, des acheteurs et des objets.

Les vide-greniers sont une bonne source de revenus pour de nombreuses associations locales, et une possibilité pour bien des familles pauvres de vivre moins mal. Quel plaisir de voir ces dernières au grand complet parmi un bric-à-brac parfois récupéré à la déchetterie (la plus grande brocante de France !) ou racheté à bas prix dans les recycleries, vivre un dimanche ensemble au grand air plutôt que collées à la télé ou en vadrouille dans un centre commercial, se faisant des envies impossibles ou se ruinant en achats à crédit !

Et une belle occasion de rencontres populaires. Car ceux qui en font le savent : les vide-greniers sont d’abord des fêtes de ce qui est précieux en nos temps d’égoïsme : la rencontre toutes classes sociales brassées, les Le Quesnoy pouvant tenir stand pile à côté des Groseille.

Vendeurs professionnels, non-professionnels se côtoient : les pros allant tôt le matin faire des affaires chez les amateurs (quelques goujats « éventrent les caisses », mais de moins en moins) qui en retour vont sur leurs stands pour se faire des idées de prix. Ça discute, ça échange des tuyaux, et les acheteurs, tout à leur passion, ne sont pas les derniers à faire circuler les idées : c’est ainsi que votre serviteur a appris que ce qu’il prenait pour un entonnoir géant en verre était en fait un écrémoir, l’ancêtre de l’écrémeuse !

Ils sont, avec les dépôt-vente et surtout les recycleries, une façon maline de lutter contre le gaspillage et de faire face à la crise en pouvant consommer sans se ruiner (votre serviteur s’est payé un costard-cravate-chemise comme neuf pour… 7 euros).

Sur ces rencontres. Depuis plus de 20 ans, votre serviteur tient un stand double : petite brocante et livres (de collection, BD, revues, livres pour enfants, etc.). Il reçoit des gens de tous âges, tous sexes, toutes conditions sociales, toutes cultures et même tous pays. Des acheteurs, de simples curieux, des gens qui passent sans s'arrêter mais en vous souriant. Le plus étonnant : un petit Japonais de 7 ans, reparti avec un beau livre... sur la décoration intérieure des burgs allemands !

Eh bien il y a des gens qui ne s'arrêtent jamais, qui ne sourient jamais : les barbus et les femmes voilées. Dame, regarder un mécréant ou un homme (pourtant d'âge canonique) qui n'est pas votre maître, jeter un œil à des livres dont, si ça se trouve, la moitié est haram...