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http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/06/07/peut-on-abandonner-son-enfant-pour-le-discipliner_4940884_4832693.html

Intéressant article... non signé. Est-ce un progrès, ce journalisme de l'anonymat, comme robotisé, bigbrothérisé ? Cet abandon qui n'en était pas un me renvoie à un conte de Noël, signé Brady Udall.

Le narrateur est un petit métis d'indien de six ans, à l'orphelinat car... laissons-lui la parole. « Ma mère était morte un soir, renversée par une voiture alors qu'elle rentrait à pied de son travail à la Taverne du Chat sauvage, et mon père, qui était déjà un marginal et un ivrogne, s'était mis à boire telle­ment qu'il disparaissait durant des semaines entières et me laissait me débrouiller tout seul. La première fois qu'une assistante sociale était venue, elle m'avait découvert endormi sous l'escalier de la maison où je m'étais glissé en rampant, couché en rond sur un morceau de carton comme le chien de la famille. Les autorités ne savaient pas quoi faire de moi. J'étais métis – de mère apache et de père blanc – et personne, ni du côté de ma mère, ni du côté de mon père, ne voulait de moi. On m'avait donc envoyé à Theodore Roosevelt, un fort militaire reconverti devenu le dépotoir du système scolaire indien ».

Et son père réapparaît... en Père Noël pour tous les orphelins. Les retrouvailles sont poignantes, mais il repart sans émotion apparente de l'enfant. Mes élèves ne comprenaient pas cette fin. Je leur dis alors, au risque assumé de les choquer, que c'était un « abandon d'amour » car ce père savait son fils en sécurité, une sécurité qu'il ne pouvait pas lui donner. Que l'enfant ne voulait plus aller sous l'escalier mais que savoir qu'il avait enfin un père, capable de telles apparitions, celui lui suffisait : « Avant de partir, il a mis sa main sur ma tête et prononcé mon nom : « Edgar. » Pour moi, c'était suffisant ».

PS1 J'ai écrit à BB pour m'assurer que ce n'était pas un robot. C'en est un : il ne m'a pas répondu.

PS2 Si ce blogue existe encore à Noël (croisons les doigts), je publierai ce remarquable conte, avec un développement sur la relation entre père et fils.