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(Les autophobes peuvent faire marche arrière, les curieux, ouvrir les mirettes !)

Il Commendatore, alias Enzo Ferrari, avait un caractère de cochon, qui lui a servi de moteur V12 mais aussi l'a privé, à intervalles réguliers, de gens de valeur avec un caractère aussi épouvantable que le sien. Ainsi Giotto* Bizzarini, parti avec d'autres pour ne plus supporter, outre Monsieur Ferrari, Madame, tout aussi caractérielle. Après avoir travaillé pour les uns et les autres, il créa sa propre marque. Le plus cocasse fut que cet excellent motoriste (un V12 Lamborghini, et pas pour les tracteurs, hein) pour plus de sécurité fit appel, le traître, à la General Motors et à ses moteurs taillés à la serpe mais fiables.

Et habilla le tout de carrosseries sublimes dues à Bertone, comme vous allez pouvoir en juger :

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J'ai eu la chance d'en voir une de près, à Pouancé, chez un carrossier chargé de la rabistoquer : arrivée d'Angleterre dans une état plus proche de la décharge que de l'Ohio (coucou Serge) soit une couleur vert diarrhée, elle en repartit toute rouge et pimpante pour le Sud-Ouest de la France.

Moins bestiale (et même, pas du tout) que la 5300 GT Strada ci-dessus (et je vous passe le modèle de course) fut la Bizzarini Europa, une sublime enveloppe sur une base banale d'Opel GT. Les dirigeants de cette marque, l’œil bloqué sur la colonne profit, refusèrent d'industrialiser ce projet qui eût changé son image popote. Regrets éternels...

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(Si vous voulez en acheter une, bon courage, il n'y en eut que 20)

* Avec un prénom pareil, tu m'étonnes s'il a fait plus dans la belle mécanique que dans le tire-bouchon à pédales !

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