rencontre

Voilà-t-il pas que vendredi, revenant de courses, je double une famille à vélo, Papa Maman fifille fiston. Chargés comme des mules, ce qui n'est pas nécessaire pour aller au plan d'eau du coin : c'est donc une famille voyageuse. Dix minutes plus tard, ils sont arrêtés à l'entrée de notre village (faut plus que j'm'auto-centre, pour ne pas énerver Antoine P...) : ils cherchent un terrain pour passer la nuit, pourquoi pas le terrain de foot communal. Hop, je pars voir Madame notre maire, qui habite à deux bons kilomètres mais elle est sur les routes. Retour au village : le voisin restaurateur leur a proposé un terrain herbu et discret, plus un local pour abriter leurs vélos car qui veut voyager loin ménage sa monture. Ils s’installent. Je repasse deux heures après, on cause un peu mais pas trop car ça sent la fatigue, tout ce monde en gilet fluo. On se reverra le lendemain matin pour un adieu sympa et quelques conseils sur un ou deux endroits où faire la pause-vélo, comme ce village où un énorme château et ses dépendances écrasent l'église et le bourg alors qu'habituellement l’aristocratie bâtissait le plus loin possible des pue-la-sueur et de leurs masures.

Pourquoi ai-je fait ça ? Parce que j'ai un faible pour les familles voyageuses :

- Leurs blogues sont de fabuleux livres de mots et d'images qui me font voyager par procuration, moi qui ne peux plus le faire (Tu te calmes, là ! Signé AP).

- Ce sont des gens courageux (il y a des moments durs), ouverts, capables de quitter la routine, de prendre des risques mais mesurés. Une espèce en voie de disparition dans notre monde de la méfiance grandissante (Il y a quelques années, un ami a fait ça en famille mais en France... et en roulotte de romano. Inutile de vous dire que, bien qu'il avait la bonne blondeur, certains villages les ont reçus comme des chiens).

Je ferai juste un petit bémol : quand les vrais tourdumondistes, n'importe leur moyen de transport, parlent surtout des rencontres avec les autres, plusieurs de ceux qui font le seul aller-retour Europe-Amérique Latine, parlent beaucoup voire trop des rencontres avec... les autres navigateurs ! Autant rester à la Grande Motte, non ? Ah oui mais il n'y a pas le soleil et les eaux transparentes...

Le « pire » blogue que j'aie lu est celui de gens qui, arpentant l'Afrique, étaient outrés qu'une tribu s'efforçant de rester à l'état sauvage leur ait fermé la porte de leur réserve. Comme je suis poli (Tu arrêtes, oui ? AP) je n'ai pas osé leur demander en commentaire comment ils réagiraient si ces sauvages venaient les voir quand ils sont agenouillés dans leur jardin clos devant le dieu barbecue, brochette magique en main.

http://parentheseavelo.blogspot.fr/

(En commentaire, une chanson de Jean-Claude Darnal. Illustration tirée du blogue des Parenthèses)