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Pour l'aider à s'occuper de sa douzaine (pas d’huîtres, et moins comestible) notre mère employait une femme du pays (qu'elle avait bien du mal à payer, mais passons). Une bonne personne qui pour Maman avait toutes les qualités. Sauf une : elle recevait Paris-Match, que nous pouvions lire en allant chez « Vovo » (une de nos sœurs bébé l’appelait comme ça) chercher « la » galette (on n'est pas breton pour rien). Et dans Paris-Match, qui pourtant n'était pas Paris-Hollywood, l'abomination de la désolation en matière de cochoncetés, il y avait parfois... Marylin Monroe ! Inutile de vous dire que, vu mon éducation plus que prude, cette personne était rien moins qu’une créature satanique.

Bon, je grandis, je m’émancipe un chouïa, et MM, toujours star bien sûr, passe du statut de piège du diable* à celui de « ravissante idiote » (pardon BB pour l'usurpation).

Jusqu'au jour où, grâces soient rendues à « Monsieur Eddy », je vois La Rivière sans retour, un chef-d’œuvre d'Otto Preminger, trio improbable entre Matt Calder (Robert Mitchum), son fils que ce coureur d'aventures ne connaissait pas et Kay (Marylin), chanteuse de bar (on imagine l'affaire). Et je découvre un personnage en nuances, bourrée d'énergie, rien de la cruche. Qui ne perd jamais la passion de la dignité. Ce qu'on voit dans la scène finale dans le bar, avec une muette et étonnante déclaration d'amour de Matt, que je vais bien me garder de déflorer si vous n'avez pas vu le film.

La vie de cette femme, la façon dont dès l'enfance elle a cherché de l'amour et du respect sans jamais vraiment les trouver, c'est une autre histoire, triste...

Quittons-nous avec un autre aspect attachant de cette artiste : la chanson. A côté d'elle, j'en connais quelques-unes fort à la mode qui auraient pu se borner à chanter dans leur baignoire. Voilà deux titres, tirés bien sûr de la bande-son de ce film mythique :

https://www.youtube.com/watch?v=F_x7ppOuq_k

https://www.youtube.com/watch?v=zEGo63_Gh0Q&nohtml5=False

Pour en savoir plus sur elle :

http://www.telerama.fr/cinema/marilyn-l-enfant-studieuse,84715.php

* Notre prof de religion nous avait vanté les mérites d'un Père de l’Église, Origène (Vous l'ignoriez ? Pas de mal : moi aussi). Qui nommait la femme « le hameçon du diable). Je vous laisse imaginer comment j'avais dessiné sur mon cahier, ledit hameçon en modèle à deux pointes (Gougueule est votre ami)...